Agir pour les classes citoyennes

L’édito du 2 mars 2015

 Le Service National/Civique : Droit et Devoir

Patrick Tesson

L’appel du Président de la République à réaffirmer nos valeurs républicaines en utilisant tous les outils d’intégration, remet au premier plan le Service National et par ricochet le Service Civique.
La question qui mobilise maintenant nos députés de droite ou de gauche est : faut-il rendre ce service "obligatoire" ?

Distinguons "droit" et "devoir". 

 

Droit
Les jeunes Français ont le droit et donc la possibilité de s’engager dans un Service civique par le biais du Service national. C'est ce qu'ils font, au point qu'ils sont actuellement plus nombreux à vouloir utiliser ce droit que le nombre de postes disponibles.

Notons que cette difficulté d'accueil actuelle ne peut qu'être aggravée si  le service National/Civique devient obligatoire. On risque de tuer dans l'œuf le développement du Service civique, comme l’indique Martin Hirsch lors de son audition le 19 février devant des députés : « L’obligation est juste mais totalement prématurée, elle se posera le jour où on aura satisfait toute la demande. Si on agit avant à rendre obligatoire au moment où il y a des jeunes qui ont demandé à le faire et qui n’ont pas pu le faire, on tue juste le système. Le tuer au moment où il grandit, c’est un infanticide ».

Faudra-t-il le rendre obligatoire, lorsque la situation sera meilleure ? Autrement dit faut-il tendre vers l'obligation de l'engagement ? Nous ne le pensons pas : par nature l’engagement citoyen ne peut qu'être volontaire, même en période d'abondance budgétaire. Pour accomplir et réussir sa mission le jeune engagé doit y mettre son cœur.  Cela n'est possible que s'il l'a choisie et acceptée, et donc à la seule condition qu’il soit  volontaire. Plutôt que de contraindre, incitons !

Devoir
Chacun le sait, il n’y a pas de droit sans devoir, c'est un des fondements de la République. La Nation offre aux jeunes de 16 à 25 ans de vivre durant six à douze mois une belle expérience de vie. En retour elle leur demande d'être et de se comporter comme des citoyens et pour cela – c’est là que la notion d’obligation devrait apparaître – de suivre une formation civique et citoyenne.  

Laissons libre chaque jeune citoyen d'effectuer ou non un service civique ; mais obligeons ceux qui se portent volontaires à suivre la formation prévue par loi. Elle renforcera leur motivation et leur donnera les compétences suffisantes pour être des ferments républicains dans leur futur entourage personnel et professionnel. C'est ce que proposent les Classes de Citoyenneté.

Reste posée la question du surnombre de volontaires par rapport aux moyens et aux capacités de formation actuels. Acceptons de démarrer modestement en créant 2 sites pilotes dans un premier temps, puis progressivement, mettons en place les 25 centres de formation nécessaires pour accueillir dans des conditions optimum 100 000 volontaires chaque année.

                                                                                                                                                                  Patrick Tesson

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