Agir pour les classes citoyennes

10 réponses


Les Classes de Citoyenneté : 10 questions, 10 réponses

 

1)  Que sont Les Classes de Citoyenneté ?

2)  D’où vient cette idée ?

3)  Quel bénéfice les jeunes volontaires en Service civique peuvent-ils attendre des Classes de Citoyenneté ?

4)  Quels bénéfices la France et l’Europe peuvent-elles en attendre ?

5)  10 jours, n'est-ce pas trop ou trop peu ? 

6)  Quel serait le rôle de l'Agence du Service Civique ?

7)  En quoi le ministère de la Défense peut-il être concerné et quel en sera le coût ?

8)  Quel opérateur pour encadrer les Classes de Citoyenneté ?

9)  Les associations qui accueillent les volontaires en Service Civique sont-elles parties prenantes des Classes de Citoyenneté ? Qui seront les formateurs ?

10)   Que faut-il aujourd’hui pour que les Classes de Citoyenneté fonctionnent demain ?

 

 

1)  Que sont Les Classes de Citoyenneté ?

Il s’agit de remettre au premier plan la fonction du Service National.  "Les citoyens concourent à la défense et à la cohésion de la Nation. Ce devoir s'exerce notamment par l'accomplissement du service national universel".(Code du service national Art. L111-1).

Chaque année, 750 000 jeunes garçons et filles d’une classe d’âge sont directement concernés par le Service National Universel qui "comprend des obligations : le recensement, la journée défense et citoyenneté et l'appel sous les drapeaux ». Cet « appel sous les drapeaux permet d'atteindre, avec les militaires professionnels, les volontaires et les réservistes, les effectifs déterminés par le législateur pour assurer la défense de la Nation."(Code du service national Art. L111-2).

Aux côtés de cet appel sous les drapeaux pour les militaires professionnels qui œuvrent pour la dissuasion nucléaire, les capacités d’interventions extérieures et le renseignement, les Classes de Citoyenneté veulent s’inscrire dans le « Parcours de Citoyenneté » qui remplace le service militaire depuis sa disparition. Instruction civique au lycée, recensement à la mairie et participation à la Journée Défense et Citoyenneté (JDC) sont actuellement les seules étapes du Parcours Citoyen !

Dans le cadre du Service civique, les Classes de Citoyenneté complètent ce parcours et le rendent plus efficient, la Nation offre aux Volontaires le bénéfice d’une formation civique et citoyenne.

La loi du 10 mars 2010 sur le Service Civique n’est pas entièrement appliquée : de très nombreux jeunes volontaires ne bénéficient toujours pas de cette formation prévue dans la loi. Depuis sa création, le Service Civique est ainsi amputé d'une de ses composantes essentielles. Par contrecoup, le pays se prive d’un facteur de paix (la cohésion sociale) qui agirait comme un  ferment républicain.

La proposition des Classes de Citoyenneté vise à :

  • offrir une formation civique et citoyenne à 150 000 volontaires en Service Civique par an,
  • contribuer à développer pour un jeune sur cinq d’une classe d’âge, l’esprit de défense et un sentiment d’adhésion aux valeurs de notre pays, tout en confortant son identité européenne.
  • favoriser ainsi la cohésion et la mixité sociale voulues par loi.
    • d’une durée de 10 jours consécutifs,
    • dans vingt-cinq Académies Républicaines.

 

2)  D’où vient cette idée ? 

2005 : Un établissement d'enseignement (collège, lycée), pouvant accueillir 600 élèves dont 400 en Internat, ferme ses portes. Il est racheté par l'EPIDE (Établissement Pour l'Insertion dans l'Emploi) qui en occupe une petite partie.

Des locaux vacants, un site unique à préserver (bâtiments du 19ème siècle, dans les bocages du Haut-Anjou à Combrée).

2009 : un cerveau collectif constitué de quelques membres de l'association d'anciens élèves et de son président décident d'agir pour permettre à ces bâtiments qualifiés dès l'origine de "Palais de l'éducation" de continuer d'abriter la formation de jeunes, aux côtés de l'EPIDE.

2010-2012 : élaboration du concept de Classes de Citoyenneté : site Internet, rencontres, échanges avec les ministères et élus locaux /nationaux. L'idée est très bien reçue, mais n'est pas concrétisée.

Janvier et novembre 2015 : les événements servent de catalyseur. Les Classes de Citoyenneté apparaissent désormais comme un excellent moyen de créer pour notre jeunesse un sentiment d'appartenance à la collectivité nationale et de participer ainsi à la prévention d’actes antirépublicains, le besoin de la défendre contre les agressions venant de l'intérieur.

 

3)  Quel bénéfice les jeunes volontaires en Service civique peuvent-ils attendre des Classes de Citoyenneté ?

  • Une meilleure assise personnelle : se sentir plus fort, s'assumer et s'affirmer comme jeune adulte capable de se prendre en charge, établir ou renforcer des convictions, donner un sens à son activité actuelle (Volontaire) et future (professionnelle).
  • Des points de repères communs, un sentiment d'appartenance renforcé : au travers de rencontres avec des jeunes d'horizons différents, partager des moments privilégiés (efforts intellectuels, physiques, convivialité…), et des temps de libre activité, (re)construire le futur avec des personnalités qui, chacune dans leur domaine, défendent les valeurs citoyennes.
  • Des moments forts, de bons souvenirs, une expérience vicariante.
  • Un booster mental pour entrer dans le monde des adultes citoyen à part entière, pour se valoriser face à de futurs employeurs, à partir des compétences acquises durant son service civique.

 

4)  Quels bénéfices la France et l’Europe peuvent-elles en attendre ?

Positionnée comme le premier rempart contre les agressions de l'intérieur (endoctrinement religieux, xénophobie, intolérance, incivilités...), la défense civile trop délaissée aujourd'hui doit retrouver sa place, aux côtés de la défense militaire. La formation civique et citoyenne des Classes de Citoyenneté contribue à renforcer la solidarité de défense (prévention à l'école, au travail, en famille, entre amis…) pour savoir dire "stop" quand les valeurs de la république sont bafouées.

Pendant son service civique (et au-delà), en agissant selon les valeurs de la République (liberté, égalité, fraternité, tolérance, entraide, devoir civique, etc.), le jeune volontaire devient catalyseur de cette solidarité de défense, dans son entourage.

Chaque année, ces "bataillons de volontaires" formés à l’esprit de défense conduisent 150 000 jeunes sur le terrain de la cohésion nationale, de la mixité sociale et du sentiment d'appartenance à la communauté nationale.

À l’échelle de l’Europe, le service civique peut être considéré comme le pendant « civique » du programme Erasmus. L’échange d’expériences à travers un service civique international ne peut être que profitable à l’équilibre géostratégique. Les Classes de Citoyenneté et ses vingt-cinq Académies républicaines (à terme) peuvent y contribuer largement.

 

5)  10 jours, n'est-ce pas trop ou trop peu ?

Trop ou trop peu par rapport à quoi ? Certes, cette formation est plus beaucoup plus courte que l'ancien service militaire qui durait 12 mois, et plus longue que l'actuelle Journée Défense et Citoyenneté (JDC). Mais l'objet n'en est pas le même.

Trop courte ?

La formation civique et citoyenne est développée à partir du « Référentiel de formation » élaboré par l’Agence du Service civique en 2012. (Voir en annexe). Elle est conçue pour être intense, reposant sur une pédagogie mobilisante et motivante. Avec des contenus variés, certains obligatoires, d'autres à la carte, en fonction des orientations et capacités de chacun. Le but n'est pas d'en faire des experts sur tous les sujets, mais de renforcer leur détermination à être des citoyens actifs.

10 jours intenses peuvent suffire pour semer des graines qui germeront à l'occasion des expériences positives qu'ils vivront ensuite (service civique et au-delà). 10 jours pleins, 24h/24, immergés en internat.

10 jours, mais pas seulement : à l'issue de leur formation, ils auront accès aux conférences données et mises en ligne par les Académies ; un forum sur Internet, les réseaux sociaux, des blogs leur permettront de prolonger la formation  avec des échanges sur les situations vécues et l'actualité.

Trop longue ?

L'objectif est ambitieux, qui vise des savoirs, des savoir-faire et des savoir-être.

10 jours ne sont pas trop pour :

  • faire connaissance avec beaucoup d'autres jeunes (400 par Académie) venant d'horizons différents,
  • prendre conscience qu'on peut jouer un rôle dans la défense de son pays,
  • se motiver à le faire,
  • acquérir les connaissances et outils nécessaires …

 

6)  Quel serait le rôle de l'Agence du Service Civique sous l'égide du Haut-Commissariat à l'Engagement ?

Le décret d’application du 12 mai 2012 précise à l’article R. 121-15. : «Le référentiel de la formation civique et citoyenne mentionnée à l’article L.120-14 ainsi que les modalités de mise en œuvre de cette formation sont définis par l’Agence du Service Civique». Il revient donc au Haut-Commissariat à l'Engagement de demander à l’Agence de remettre dans ses missions prioritaires celles de rassembler les moyens nécessaires à la mise en œuvre de la Formation civique et Citoyenne et de veiller à sa bonne exécution par des contrôles et des évaluations régulières. Parallèlement, il semble  nécessaire de créer un Établissement Public pour la Formation à la Citoyenneté, le maître d'œuvre tout spécialement chargé de coordonner la logistique des 25 Académies Républicaines accueillant chaque année 7 500 Classes de Citoyenneté.

 

 7)  En quoi le ministère de la Défense est-il concerné et quel en sera le coût ?

Plusieurs ministères sont actuellement directement concernés par le Parcours de Citoyenneté : L'éducation Nationale, La Ville - Jeunesse et Sports et La Défense. Matignon est donc le maître d'ouvrage avec le tout nouveau Haut-Commissariat à l'Engagement.

Par nature, la vocation du ministère de la Défense est la défense du pays. La défense militaire évidemment, mais aussi la défense civile ; les deux doivent être en phase, synchrones.

De fait, petit à petit, et particulièrement depuis la mise en place de la force de dissuasion et de la professionnalisation de l’armée, la Défense s'est centrée sur la défense militaire et s'est éloignée du citoyen. En retour, le citoyen ne se sent plus concerné non plus.

Ainsi, via le Service National, le Service Civique, et les Classes de Citoyenneté, le dispositif d'une défense citoyenne vient-il compléter les trois dispositifs actuels de La Défense : dissuasion nucléaire, capacité d’interventions extérieures et renseignement.

Sous l'égide du Haut-Commissariat à l'engagement (maître d'ouvrage) et de l'Établissement Public pour la Formation à la Citoyenneté (maître d'œuvre), le ministère de la Défense apporte son expertise et synchronise sa stratégie pédagogique avec ceux qui ont la responsabilité des civils (ministère de la Ville de la Jeunesse et des Sports, ministère de l'Éducation Nationale, ministère de l'Intérieur, …) et bien sûr les associations et organismes qui accueillent les jeunes en Service Civique.

Le coût annuel des Classes de Citoyenneté pour la formation de 150 000 jeunes serait de 200 millions d’euros, prélevés sur le budget de l'État, comme le milliard  d’euros actuellement prévu pour l’accompagnement de 350 000 volontaires annuel envisagé par le Président pour 2018.

Une étroite coopération entre les différents ministères, une définition précise de leur rôle sont d'autant plus indispensables que cette mission pourrait être vue (à tort) uniquement sous l'angle défense (civile) revenant au Militaire, ou uniquement sous l'angle citoyen (Service civique). L'efficacité, dans le contexte actuel, repose sur cette coopération entre les ministères, c'est pourquoi depuis 2010, nous préconisons qu'elle soit supervisée par les services du 1er ministre.

 

8)  Quel opérateur pour encadrer les Classes de Citoyenneté ?

 Nous prenons exemple sur l'EPIDe (Établissement Public d'Insertion à la Défense devenu en 2015 EPIDE : Établissement Pour l'Insertion dans l'Emploi) qui depuis bientôt 11 ans, réussit largement sa mission en assurant au terme d’un projet éducatif global, l’insertion sociale et professionnelle de garçons et filles volontaires de 18 à 25 ans, sans qualification ni emploi, cumulant des difficultés sociales ou en risque de marginalisation. Cette mission semble loin de la mission première du ministère de la Défense, pourtant c’est à lui qu’a été en partie confié pendant 10 ans l’avenir professionnel de 3 000 volontaires, chaque année dans 18 centres de formation. Fort de cette expérience réussie, nous pensions que le gouvernement pourrait charger l’EPIDe d'assurer cette nouvelle mission.

 Aujourd'hui, nous proposons la création d'un Établissement Public pour la Formation de la Citoyenneté sous la tutelle du Haut-Commissariat à l'Engagement. Il aura en charge de superviser la construction des 25 Académies républicaines et de rassembler toutes les moyens et conditions nécessaires pour la bonne marche des Classes de Citoyenneté.

 

9)  Les associations et institutions qui accueillent les volontaires en Service Civique sont-elles parties prenantes des Classes de Citoyenneté ? Qui seront les formateurs ?

Les intervenants et formateurs pourront être :

  • Des animateurs-coach, fils rouges de leurs classes (18 -20 personnes /classe)
  • Des experts, pour effectuer des exposés avec questions/réponses, pour animer des ateliers par thèmes, en regroupant des apprenants de différentes classes.
  • Des invités exceptionnels bénévoles de la "réserve citoyenne" (responsables politiques, responsables d'association, responsables religieux, entrepreneurs, simples citoyens exemplaires dans leur domaine).

 Compte tenu de leur savoir-faire, ancré dans la culture et l’histoire de notre pays, les associations (fédérations) seront largement sollicitées pour intervenir, de manière ponctuelle, ou systématique pour peu qu'elles aient les agréments de formation dans les domaines recouvrant les thèmes du Référentiel.

 

 10)  Que faut-il aujourd’hui pour que les Classes de Citoyenneté fonctionnent demain ?

Pour fonctionner demain, il faut démarrer dès aujourd'hui (2016). Il serait dommage d'attendre les prochaines élections présidentielles pour qu'enfin s'ouvre de nouvelles perspectives dans le domaine de la formation civique et citoyenne. Plus tôt démarrera cette mise en œuvre de la loi de 2010, plus vite les remparts aux agressions intérieures évoqués plus haut seront opérants.

Si tous les acteurs (Gouvernement, Assemblées, Régions, Agence pour le Service civique, …) se mobilisent sur cette action, sans esprit partisan, une opération pilote peut être menée dès 2016. Le Code du Service National offre une large palette de possibilités. Une nouvelle loi n’est donc pas nécessaire. Gardons à l’esprit celle de mars 2010 sur le Service Civique et complétons le décret d’application de mai 2010 par un nouveau décret pour la reconnaissance des Classes de Citoyenneté confiées à l'Établissement Public pour la Formation à la Citoyenneté sous l’égide du Haut-Commissariat à l'Encagement. Députés et sénateurs sensibles à cette question, pourront dans le cadre de commissions faire des propositions au gouvernement.

 Une mise en place progressive avec montée en puissance, selon les résultats observés, facilitera l'obtention des budgets. Une opération pilote sur deux sites permettrait de :

  • démarrer facilement et rapidement, avec une mission large et la possibilité de tester sur le terrain différentes manières de procéder, tant du point de vue de la logistique, que de celui des interventions pédagogiques ;
  • vérifier que le concept et sa mise en œuvre fonctionnent bien ;
  • effectuer les ajustements nécessaires avant d'élargir à 7 puis jusqu'à 25 Académies républicaines.

 

 Calendrier indicatif :

  • 2016 : décision de mise en œuvre.
  • 2016-17 : recherche de sites pour l'implantation et la construction des 7 premières Académies permettant d'accueillir chacune  400 jeunes en internat.
  • 2016-17 : organisation (logistique et pédagogique), qui fait quoi ?
  • 1er semestre 2017 : Opération pilote sur 2 sites durant 6 mois, soit 300 classes, environ 6 000 jeunes Volontaires.
  • 3ème trimestre 2017 : Bilan de l'opération pilote - ajustements.
  • 4ème trimestre 2017 : extension à 7 Académies Républicaines pour 42 000 Volontaires.
  • 2018 à 2021 : extension à 25 Académies Républicaines, à raison de 5 /an (y compris dans les DROM-COM) pour recevoir 150 000 volontaires.

 

 

Copyright© 2017 Classe de Citoyenneté . Conception/Réalisation : www.jerome-devaux.com